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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 00:15

Medellin, seconde ville de Colombie et berceau de Fernando Botero.

Botero... Vous savez, ces femmes et ces hommes charnus, aux yeux figés d'un poisson se demandant bouche bée comment il est arrivé sur un étal de poissonier ; ma réaction face à un Botero : rejet immédiat et épidermique.

Pas de chance, la ville est généreusement dotée de sculptures et toiles : plusieurs salles au Museo de Antioquia et une place ponctuée de courbes humaines et animalières.

C_Medellin_Botero_01.jpg
Il faut bien traverser cette place et... première impression favorable ! Les sculptures s'intègrent très bien à l'espace public. La patine et les rondeurs m'évoquent un Maillol et les proportions pour le moins gigantesques des sujets s'accordent très bien avec leur fonction monumentale...

Dans le musée, impression confirmée, même Etienne est séduit !... Après tout, pourquoi rejeter le gros quand le maigre d'un Giacometti plaît ?

C_Medellin_Botero_09.jpg
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Les peintures me font ensuite revenir à ma première impression : les toiles, gigantesques, semblent des caricatures grotesques de toiles ou de thèmes célèbres, comme le portrait de Susanna Fourment d'après Rubens ou encore ceux de Marie-Antoinette et de Louis XVI...

C Medellin Botero 03
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Très peu de natures mortes, pas de paysages et toujours ces yeux exorbités, des représentations hiératiques et frontales. Pas facile de se laisser apprivoiser tant d'austérité formelle surtout lorsqu'on est déjà effrayé par le "style Botero" ! Quand même une scène de corrida semble figée !

C_Medellin_Botero_08.jpg
Et puis cette toile : Mujer en la ventana (crayon, aquarelle et pastel, 1996)...

C_Medellin_Botero_06.jpg
Le délicat rosé des fesses attire mon attention et met en évidence tout le travail de l'artiste. On résume Botero à un excès de courbes mais chaque toile - surtout en de tels formats - représente du travail et du savoir-faire. Convertie par une paire de fesses !

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Et puis une autre toile, de petites dimensions : Muerte de Pablo Escobar (HST, 1999).

C_Medellin_Botero_10.jpg
Tout est là : l'instant est figé, Escobar, frontal, est remplumé par Botero. Comme toujours peu d'expression, Escobar semble dormir. Le rendu est naïf, la palette harmonieuse et la technique académique. Et j'ai envie d'emporter le tableau avec moi... Bravo Botero !

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